Choisir ses couleurs dans la lumière du Morbihan

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Nuanciers de teintes présentés au showroom de Vannes

Un nuancier ne se comporte pas de la même façon selon l’endroit où il est ouvert. C’est la première chose que l’on constate en travaillant dans le Golfe du Morbihan : des teintes qui fonctionnent parfaitement dans un magazine tournent gris ou terne une fois posées ici.

Ce que fait la lumière d’ici

La lumière bretonne a trois caractéristiques qui pèsent sur le choix des couleurs.

Elle est diffuse. Beaucoup de jours voilés, peu d’ombres franches. Les couleurs y perdent le contraste qu’elles ont sous un soleil direct : une teinte déjà douce devient carrément fade.

Elle est froide. Le ciel couvert renvoie une lumière bleutée. Elle refroidit tout ce qu’elle touche — et elle transforme un gris parfaitement neutre en gris bleu, un beige en beige verdâtre.

Elle change vite. Une même pièce peut passer d’une lumière dorée à une lumière plombée en une heure. Une couleur qui n’est belle que dans une de ces deux conditions sera décevante la moitié du temps.

Les teintes qui tiennent

Les couleurs chaudes et rabattues. Terres, ocres sourdes, beiges rosés, bruns doux. Elles compensent la froideur du ciel au lieu de la subir. C’est le contraire de l’intuition — on pense « lumière faible, donc couleurs claires » — mais un blanc froid dans une pièce au nord donne un résultat glacial.

Les verts sourds. Sauge, olive, vert de gris : ce sont probablement les teintes qui fonctionnent le mieux ici, parce qu’elles dialoguent avec ce qu’on voit par la fenêtre. Elles gardent leur caractère sous une lumière grise, là où un vert vif s’effondre.

Les bleus profonds, pas les bleus clairs. Un bleu soutenu tient sa couleur. Un bleu pâle, sous un ciel gris, devient une surface indéfinie ni blanche ni bleue.

Les blancs chauds. Si vous voulez du blanc — et c’est parfaitement légitime — prenez-le cassé, tirant vers le crème ou le lin. Le blanc pur n’existe vraiment que sous un soleil du Sud.

Ce qui déçoit le plus souvent

Les gris froids, très populaires ces dernières années, sont le premier regret. Sous la lumière du Morbihan, ils virent au bleu et rendent la pièce dure.

Les pastels perdent leur identité : un rose poudré devient beige sale, un bleu ciel devient blanc grisâtre.

Les teintes très saturées posent un autre problème : sous lumière faible, elles deviennent lourdes plutôt que joyeuses.

La méthode, plus utile que la liste

Aucune liste de couleurs ne remplace un test sur votre mur. L’orientation de la pièce, la profondeur de la fenêtre, la couleur du sol et même celle du jardin visible dehors modifient le résultat.

Notre façon de faire : on regarde la pièce et son orientation, on retient deux ou trois pistes, et on applique de vrais échantillons sur le mur concerné — pas sur une feuille posée dessus. Puis on les regarde le matin et en fin de journée. C’est le seul test qui ne ment pas.

Au showroom de Vannes, vous pouvez aussi voir les teintes Unikalo et les matières Mercadier sur de grandes surfaces, ce qui donne une idée bien plus juste qu’un carré de nuancier.

Une note sur les tendances

Les palettes qui circulent chaque année sont photographiées dans des studios éclairés artificiellement, souvent à Paris, Londres ou Milan. Elles ne disent rien de ce que la teinte deviendra chez vous, à Vannes, en novembre. C’est la raison pour laquelle nous parlons d’orientation et de lumière avant de parler de tendance.

Passons de la théorie à vos murs

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